mercredi 28 mars 2018
Colloque d'Aix sur la Chine
La semaine dernière, j'ai assisté à un séminaire à Aix qui m'a tout particulièrement intéressé. Il y était en partie consacré à la Chine, dont l'évolution dans les années à venir pèsera considérablement sur l'économie mondiale. Depuis des décennies, les pays étrangers lui font les yeux doux et évitent toute critique ouverte contre son régime. C'est qu'au cours des vingt à vingt-cinq prochaines années, peu de pays seront en position d’avoir davantage d'impact sur le monde que la Chine. Si la tendance actuelle se confirme, en 2025, l’empire du Milieu sera devenu la deuxième économie mondiale et une puissance militaire majeure. Pourtant, et c'est ce que montrait ce séminaire, le succès de la Chine est loin d'être gagné.
Il est probable que le pays ne devienne à terme le premier importateur mondial de ressources naturelles (et un plus gros pollueur qu’il ne l’est aujourd’hui). Et s'il devenait un concurrent militairement fort, dynamique sur le plan économique et gourmand sur le plan énergétique, les intérêts européens et américains en matière de sécurité et d’économie pourraient être exposés à de nouvelles difficultés.
Cependant, il est probable que le rythme de croissance économique de la Chine va baisser (ce qui est déjà, d'une certaine manière, en train de se produire). Et là, la Chine devra faire face à de nombreux problèmes de différentes natures. Même de nouvelles réformes visant à apaiser des tensions sociales croissantes dues au creusement des disparités économiques, aux carences de la protection sociale, à des réglementations insuffisantes dans le monde des affaires, à ses importations d’énergie, à une corruption persistante, et à la dévastation de son environnement, n’y suffiront pas. Aucun de ces problèmes ne se résoudra en effet isolément. Mais s’ils s’envenimaient tous en même temps, ce grand pays pourrait vite se trouver dans une impasse. Et même si le gouvernement chinois réussit à résoudre ces problèmes, il ne pourra pas garantir de hauts niveaux de performance économique. La majeure partie de la croissance économique chinoise sera toujours générée de l’intérieur mais certains secteurs clés dépendent néanmoins des marchés, des ressources et des technologies étrangers, ainsi que de réseaux de production mondialisés. Par conséquent, la santé économique de la Chine sera affectée, par celle d’autres économies - notamment celles des Etats-Unis et de l’Europe. Voilà à quoi aboutissait ce séminaire: à l'idée que la Chine ne peut être comprise et analysée pour elle-même, en tant qu'entité autonome : son évolution dépendra non seulement des décisions qu'elle prend en interne, mais aussi des relations qu'elle tisse à l'échelle internationale. Plus d'information est disponible sur le site de l'agence de voyage de l'organisation de séminaire à Aix en Provence. Cliquez sur le lien.