mardi 29 janvier 2019
Limiter les impots sur les bas salaires
Il y a un dicton célèbre qui dit que la mort et les impôts sont certains. Pas tellement avec l’impôt sur le revenu des particuliers en Inde. Selon les dernières statistiques publiées par le Central Board of Direct Taxation, moins de deux pour cent des Indiens ont payé de l'impôt sur le revenu des particuliers au cours de l'exercice 2015-2016. Les personnes à faible revenu sont exonérées de l'impôt sur le revenu, tandis que les professionnels aux revenus élevés conçoivent des moyens d'éviter légalement l'impôt sur le revenu. Le fardeau réel de l'impôt sur le revenu des particuliers incombe principalement aux employés en poste, car les employeurs sont tenus de déduire l'impôt à la source au moment du paiement de leurs salaires. Il en résulte que les finances obtiennent un montant minuscule inférieur à 2 000 000 roupies la crore en tant qu’impôt sur le revenu des particuliers, année après année. Alors, quelle est la voie à suivre? Certains font valoir que le régime d’impôt sur le revenu des personnes physiques en Inde est trop violé pour être corrigé ou réformé et doit donc être supprimé. En fait, l'appel à l'abolition de l'impôt sur le revenu des personnes physiques a également été lancé au sein du parti au pouvoir, avec le dirigeant et l'économiste. Subramanian Swamy (également un ancien ministre du droit de l'Union) tente constamment de persuader le Premier ministre Narendra Modi et le ministre des Finances Arun Jaitley d'abolir l'impôt sur le revenu des particuliers et de s'orienter vers une taxe sur les transactions bancaires. Selon les abolitionnistes, l’impôt sur le revenu des personnes physiques n’est pas seulement régressif, il facilite également la création et l’utilisation de la monnaie noire. Ils font valoir que l'argent qui échappe à la fiscalité et prend ensuite la forme d'argent noir peut être autrement investi légalement et sans peur, ou déposé dans des banques, si l'impôt sur le revenu des personnes physiques devait être supprimé. Pour être juste, l'argument est fondé. L'abolition de l'impôt sur le revenu des particuliers entraînera une augmentation des dépenses et des investissements. Une exonération fiscale sur les dépôts à terme (même autrement) signifierait que les personnes déposeront leur épargne domestique (actuellement inférieure à 30% en raison de taux d’intérêt bas) dans des banques et que les banques pourront accorder des prêts à des taux réduits aux entreprises, ce qui aux investissements, croissance de infrastructures et création de nouveaux emplois. Cela donnera un coup de pouce à long terme à l'économie en difficulté. En plus de cela, le terrorisme fiscal cessera et la plupart des ressources gouvernementales (humaines et non humaines) pourraient être utilisées plus utilement dans la mise en œuvre de la taxe sur les produits et services nouvellement introduite, ce qui entraînerait une plus grande conformité fiscale et un meilleur recouvrement des recettes. Davantage d'information sur cette incentive en Camargue en allant sur le site de l'organisateur.
dimanche 27 janvier 2019
Une réponse à Onfray
Etrange évocation d’une fantomatique hypothèse de complot… Est-ce sérieux, est-ce rationnel ? A-t-il réfléchi au fait que la mise en cause systématique des «versions officielles», des «émotions médiatiques», des «discours dominants» est une modalité permanente de la rhétorique complotiste selon laquelle des forces obscures manipulent par définition la conscience publique ? Le Figaro. L’émotion a-t-elle remplacé la raison ? Cela nous empêche-t-il de percevoir les véritables enjeux géopolitiques contemporains ? Michel Onfray. Oui, bien sûr. Il faut des bons mots, des petites phrases, des images chocs avec lesquelles on retient bien plus volontiers son public qu’avec une longue analyse fine, précise, argumentée, savante. Un clou chassant l’autre, ce qui est majeur un jour cesse de l’être le lendemain. La religion de l’instant présent dans laquelle communient les médias exige qu’on renvoie l’histoire à la poubelle. Interdire une question, c’est empêcher sa réponse. Criminaliser la seule interrogation, c’est transformer en coupable quiconque se contenterait de la poser. Même suggestion : la photo de l’enfant mort est une manipulation médiatique qui substitue l’émotion à l’analyse «fine, précise, argumentée, savante». L’ennui, c’est que cette idée de substitution ne repose sur rien. Keynes : « L'économie n'est pas un marché où s'échange des biens et services contre d'autres biens et services mais un circuit irriguer par un bien particulier qui est la monnaie ». L’économie est un service qui est irrigué par la monnaie (valeur monétaire). XVII, XVIIIe siècle. A. Smith, D. Ricardo, J.B. Cette économie est une économie dite de grand marché. Ses concepts sont, division du travail et spécialisation A. Smith, la loi des débouchés (J.B. Pour les classiques ou libéraux, l'économie est toujours en équilibre grâce à la fluctuation des prix. XIX, XX et XXIe siècle. L. Walras, A. Marshall, F. Hayek, M. Friedman. De nombreux auteurs, comme Bernard Guerrien ou Daniel Duet contestent la prétention de l'économie orthodoxe à être considérée comme une science. Ces auteurs mettent notamment en cause l'irréalisme des hypothèses du paradigme standard en économie (la transitivité des préférences, le comportement de l'homo oeconomicus, hypothèse de concurrence parfaite, etc). Comme dans les autres disciplines scientifiques, la science économique récompense les travaux révolutionnaires ou les meilleurs économistes. Onfray lit l’Évangile comme un atrabilaire impuissant, méchant et intransigeant, et puis le dénonce à grands cris d’orfraie. Thibon a ce mot, dans Nietzsche ou le déclin de l’esprit : « La haine a besoin de déformer, de calomnier l’objet haï, elle vit de cette déformation ». Le saint Paul d’Onfray, c’est Onfray. Le Jésus symbolique d’Onfray, c’est le dieu imaginaire d’Onfray, prophète nietzschéen de l’éternel retour de l’imposture qui vit au crédit des saints et des sages. Onfray est un âne, généreux de son fourrage de crâne, qui vocifère ses passions tristes avec un cœur froid. Onfray incarne précisément la décadence qu’il dénonce à longueur de talk-show. Il a toute l’entropie d’une soucoupe. Les heurts, les clics et le déclin de Michel Onfray s’écrivent patiemment à mesure que s’étalent ses tristes œuvres et sa pauvre argutie. Le philosophe va jusqu’à conclure son ouvrage par ce lapsus : « le néant est la seule chose dont on soit certain ». Le christianisme de Michel Onfray, c’est son inconscient qui se regarde parler à la télévision. Il est presque pathétique de voir ce malheureux couler sous le poids de son narcissisme intellectuel, le tout avec des airs de divas de Titanic. Mais ce chant du cygne est aussi coupable, car en répandant sa décadence performative, Onfray ne fait pas seulement injure au passé, il veut aussi condamner le présent et l’avenir. Si Michel Onfray veut courir à l’abîme, qu’il y aille seul. Notre génération n’a pas besoin de son « évangile » de la mauvaise nouvelle ni de la haine de soi de ce triste prophète. Chacun sait que nos civilisations sont mortelles, disait déjà Valéry en 1919, et c'est bien la mort de l'Occident que ce livre crépusculaire et torrentiel entend annoncer: le judéo-christianisme est «en phase terminale». «L'Europe est à prendre, sinon à vendre», conclut Michel Onfray, après avoir fait le récit d'une civilisation «née d'une fiction», celle de Jésus, et décrit la Shoah comme le «terrible couronnement» de presque deux mille ans d'antisémitisme chrétien ! Pour avoir longtemps régné en maître, l'Occident d'Onfray, vu sous l'angle de ses exactions et inquisitions religieuses, s'avère en effet peu glorieux. Quels sont dès lors les candidats à la succession, qui précipiteraient le cadavre dans la tombe? Et après nous, le néant. On l'aura compris, il y a ici de quoi alimenter la machine à polémiques qu'Onfray dit déplorer tout en les suscitant. Car si le menu proposé est riche, l'érudition, palpable, des champignons non comestibles parsèment la table du buffet.
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